L. Fleuriot, Les origines de la Bretagne, Paris, 1980.
S. Kerneis, Les Celtiques. Servitude et grandeur des auxiliaires bretons dans l’Empire romain, Presses Universitaires de la Faculté de droit de Clermont-Ferrand, 1998
Le peuplement de l’Armorique Léon Fleuriot a insisté sur l’importance des flux de population entre l’île de Bretagne et l’Armorique, ainsi que sur leur étalement dans le temps. Il avait également souligné le contexte militaire de cette immigration bretonne et montré qu’elle n’affectait pas la seule Armorique, puisque des unités bretonnes se retrouvaient jusque sur le limes de Germanie. Les déplacements des Bretons doivent être replacés dans le contexte plus général de la politique frontalière de l’Empire romain. Depuis le IIe siècle, Rome avait systématisé la pratique de la déportation. Les prisonniers de guerre, levés chez les tribus frontalières, étaient transportés et établis ailleurs sur des terres publiques, dans des régions stratégiques pour la défense de l’Empire. Tel avait été aux IIe et IIIe siècles le sort réservé aux populations des Basses Terres d’Ecosse dont bon nombre avaient été déportées en Germanie supérieure sur le limes. Aux IVe et Ve siècles, la pratique s’intensifia et les triades galloises conservent le souvenir de ces départs, funestes pour le devenir de l’île. Elles racontent qu’il y avait eu trois aryanllu, trois armées parties à la suite de trois candidats au pouvoir, entre le milieu du IVe et le début du Ve siècle. Le premier départ avait été celui organisé par Arbogast, lors de l’usurpation de Magnence. Le deuxième par Maxen Wledig, l’usurpateur Magnus Maximus, en 383. Le troisième était parti « à la poursuite des Césariens chassés de cette île », c’est-à-dire après le départ des dernières légions retirées par Stilichon en 398. Ce sont les levées opérées par Constantin en 407. A trois reprises, les usurpateurs avaient levé des hommes, surtout au Pays de Galles, parmi les communautés militaires que les généraux romains y avaient installées, des réserves d’hommes qui pour l’essentiel étaient d’anciens prisonniers de guerre Pictes ou Scots.
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